Voyage photographique en Islande – juin 2012

Récit de mon aventure islandaise…

Il s’agit d’un workshop photo, en immersion complète dans la nature complexe, étrange et fascinante de l’Islande.

Laugavegur7

Ce workshop est organisé par deux photographes professionnels, sous le coude de l’Agence Nature du Monde.
Il s’agit d’Alexandre Deschaumes et de Xavier Jamonet. Cette année, ils sont également accompagnés de Mathieu le Lay (à l’occasion du film à propos d’Alexandre, intitulé « Alexandre Deschaumes, la quête d’inspiration », dont vous pouvez visualiser une démo, sur le lien suivant :  http://vimeo.com/33152117

Mardi 19 juin :

Départ à 18h gare de Poissy. J’ai dû mettre environ 1h40 pour arriver jusque Massy-Palaiseau. Laurence et Bruno m’ont gentiment proposée de dormir chez eux la veille, c’est plus pratique pour moi en tout cas. Ah oui, j’avais oublié Châtelet, le RER B, tout ça, tout ça… Enfin j’ai bien envie de dire : ça risque d’être folklo (ou pas !). Il parait que le sac à cabine, c’est 6kgs. Premier transfert. Heureusement mon gros sac ne faisait pas déjà 20kgs. Et demain, il faut être parti à 5h (youhou !).

Mercredi 20 juin :

Je suis dans l’avion (eheh !). Tout se passe bien, c’est bon signe. Enfin, je me sens bien. Installée à une place couloir, mais qu’importe ! 2h47 d’avion un décollage sans encombre et je ne suis pas embêtée par mon nez, ô joie ! Là, les gens de l’avion viennent apporter de quoi manger, ça tombe bien, j’ai faim, malgré la petite barre de kitkat.

Cette année, nous sommes 12 à participer à l’aventure. De quoi donner un peu plus de stress à Xavier et Alexandre, surtout que nous sommes nombreux à ne pas vraiment être habitués à ce genre de trek. Il y a Mathieu Le Lay, producteur, présent  pour  le  tournage  d’ « Alexandre  Deschaumes,  la  quête  d’inspiration », Cyril, Pino, Rocco, Laurence & Bruno, Sabine, Fred, Yannick et moi-même.

En fait, je n’ai bu qu’un café dans l’avion, mais ça va. Je découvre la musique qui est proposée par Icelandair, je fouille et je tombe sur Skalmöld, puis Solsfatir. Ce n’est pas beau, ça ?

15h21 (heure locale), un peu de repos. Je ne ressens pas encore trop la fatigue, mais peut-être bien qu’elle est là quand même. Alors, pendant que nos deux photographes instructeurs vont chercher Cyril, le dernier stagiaire arrivé depuis Londres, à 3h de l’après-midi, on profite tous pour se reposer, et moi écrire.

Mon premier sentiment à propos de l’île de glace, sur les premières images de l’avion, sont d’offrir un paysage presque noir (comme l’a fait remarquer Alexandre). Un paysage atypique surement, où je me suis sentie projetée littéralement  dans  un  autre  monde.  Une  assemblée  de  nuages,  aux  forts contrastes, un paysage semé de sommets plus ou moins émergés, des bords de route  décorés de lave et de mousse et  puis  l’odeur,  aussi.  Celle  du  souffre. Les temps qui oscillent entre éclaircies et pluie. Oscillations. Et ces maisons, si jolies. Nous sommes bien en Scandinavie.

Tout à l’heure ce sera débriefing, repas à l’extérieur et sans doute première excursion dans les terres islandaises.

Déjà, on commence le débriefing avec du champagne. Sabine, l’une des stagiaires, fête le diplôme de médecine de son fils avec nous. Le débriefing dure bien 2h pendant lesquels on se présente. Comme d’habitude, quand il faut se présenter, je ne suis jamais vraiment à l’aise. C’est quand même très intéressant de connaître les parcours de chacun et les motivations. Je connais déjà un peu les techniques de base me concernant. En Islande, je suis venue me ressourcer et retrouver cette inspiration perdue. Puis ensuite, direction un petit restaurant, l’Alliance française (si je me souviens bien) où on nous sert des « fish & chips » délicieux. Toujours accompagnés d’un vin blanc, c’est évident !

La suite ? Mmm le soir même, tous bien décidés à bien démarrer, nous nous rendons dans la région de Suðurnes, proche d’une station de géothermie, décorée de fumerolles et autres abstractions lunaires. Le plus ce soir là, j’admire le premier soleil de minuit de ma vie, de quoi rester émerveillée. L’ambiance est exceptionnelle et indescriptible réellement. C’est magique. L’Islande dévoile ces premiers traits harmonieux.

Suðurnes3

Mid-summer (le solstice d’ été) dans toute sa splendeur et son pouvoir. Un superbe avant-goût de ce que nous découvrirons par la suite. Le lieu ? C’est une sorte de champ, mélange de mousses multicolores et de sorte de lave encore fumante. En tout cas, cela  fait  étrangement  travailler  mon  imagination !  A  certains  endroits,  on s’enfonce dans la terre. C’est un peu feuillu quoique, dodu enfin, plein de couleurs… A d’autres endroits, la fumée sort, au-delà des tuyaux de l’usine de géothermie et créée des trous dans un sol craquelé. Les rebords sont jaunâtres ou vert fluo et les plantes aussi. On évolue autour de cette étrangeté sublimée par le coucher de soleil et on ne voit pas le temps passer.

Jeudi, petit déjeuner à 9h, accueillie par des « salut » et de sourires, cela fait toujours plaisir. Pour la matinée, les photographes et Mathieu partent acheter ce dont on a besoin en nourriture pour le trek. Pendant ce temps, le reste du groupe profite pour faire un peu les touristes dans Reykjavik. Pour une capitale, c’est plutôt calme. Il y a peu de gens qui se promènent et les boutiques typiques du coin sont plutôt sympas. Des bijoux en pierres volcaniques (obsidienne), des trolls…

Une fois que tout le monde rentre à l’hôtel, direction le Blue Lagoon (Bláa Lónið en islandais). Cette station thermale géothermique est située toujours dans la  région  de  Suðurnes,  au  sud  de  la  capitale.  Vous  savez,  en  Islande  il  y  a d’ordinaire toujours des nuages, ça va plutôt bien avec l’ambiance. Or ce jour là, très peu de nuages se bousculent dans le ciel et laissent donc la place à une température plutôt clémente. Avant de s’y rendre, nous marchons un peu sur les côtés où se trouvent déjà des bassins, rempli de cette eau si particulière. Elle a une couleur bleu turquoise, toutefois le soleil empêche de réveler ses meilleures teintes. Nous déjeunons à l’intérieur et enfin nous nous rendons à cette fameuse
« piscine ». L’endroit est en fait creusé par l’homme. Sauf l’eau chauffée émane de sources naturelles. L’eau doit être à 40°C environ. La sensation est réellement très agréable, c’est très relaxant. Puis nous ne pouvons pas nous empêcher de nous enduire le visage d’un masque fait d’éléments naturels blanchâtres, que l’on doit laisser juste le temps que ça tire un peu la peau. Un groupe de douze français blancs de cette sorte, ça ne laisse pas indifférent ! Ahah ! Un vieil homme nous aborde même, se croyant sans doute drôle, puisqu’il nous dit que nous nous déplaçons en rang d’oies. Moui ?! De plus, il ne nous lâchera pas de si tôt, à mon avis trop content de rencontrer d’autres français ! Il continue sa causette, alors que nous sirotons bières, vin blanc ou autre alcool. Hum, toujours ! Au moins, on rigole bien. Je crois que j’y serais restée bien plus longtemps, si j’avais pu vraiment ! Je m’y sens bien.

Sauf qu’un resto nous attend à 19h sur le port, pour diner et nous devons absolument préparer les sacs pour le début du trek, demain. Résultat, pendant que je suis en train d’écrire de cette journée, il est déjà minuit passée. Toutefois, je ne m’en rends pas vraiment compte (voire pas du tout !). Mais j’ai quand même bien hâte de me coucher et je stress aussi un peu pour le trek. En fait, je n’ai pas vraiment envie de les faire stresser. Pourtant, j’ai l’impression que ça va être bien, je crois. Oui vraiment, ça va le faire. Bonne nuit ! Je vais me laver les dents et écouter un peu de musique.

(Genre, tu prends une douche à minuit passée, il fait jour, tout va bien.)

Le resto s’appelle Saegreifinn, il est situé sur le vieux port, à quelques pas du Centre ville. Il sert une délicieuse soupe de homard et des brochettes de poisson.  Moi  j’ai  opté  pour  celle  au  saumon,  un  vrai  délice !  Il  y  a  d’autres poissons, et aussi de la baleine. Mais bon, la baleine… On est plusieurs à penser que ce n’est quand même pas ce qu’on a envie de manger (et de tuer, de surcroit !). En revanche le vin blanc, ça y’en a toujours !

Balade sur le port rapide. Il y a toujours quelque que l’on croit d’intéressant dans ce lieu, mais en fait, non pas vraiment. Il y a plusieurs bateaux, notamment un « Wale walking » (donc un bateau pour aller voir les baleines justement) et juste en face, un baleinier. Je ris presque jaune, mais en fait ce n’est pas vraiment drôle. J’aimerais bien me renseigner, savoir si l’Islande pratique toujours la chasse à la baleine… pauvres baleines !

Lendemain, levé à 6h, direction Landmannalaugar pour la première étape du Laugavegur trek. On a pris un bus et au sortir de la capitale, les paysages islandais apparaissent enfin (hihi !). Je ne sais pas si c’est aussi à cause de la musique que j’écoute, toutefois j’ai eu le souffle coupé. Il est fort possible que j’y ai reconnu quelque paysage féérique.

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Premier jour de trek, direction le refuge d’Hrafntinnusker. 6h30 de marche, 12km et environ 1000 mètres de dénivelée. A ce moment même, je suis bien fatiguée mais assez contente de moi. Bon après, rien n’est sûr pour le lendemain. Ça s’appelle l’aventure, et je crois que j’aime… malgré la douleur dans les épaules !

Landmannalaugar… une belle étape. Peut-être qu’il aurait fallu un peu moins de beau temps (oui, oui !), parce que du beau temps, il y en a eu ! En Islande, voilà que je bronze, moi (gné !) !

La première étape n’est pas très simple toutefois, ça en valait vraiment le coup.

Je n’ai pas vraiment de mots qui me conviennent pour décrire ce tout, c’est uniquement  fabuleux,  extraordinaire.  Une  étrange  impression  d’être  dans  un univers digne de « dark fantasy », même si la comparaison ne peut ne pas plaire à tout le monde. C’est un paysage qui n’existe nul pas ailleurs, dans ma mémoire. Des couleurs partout, dans la roche, les vestiges d’éruptions volcaniques et du vert partout, ainsi qu’une sorte de bleu, rouge, ocre, vermillon…

Malgré les épaules qui tirent, depuis l’arrivée au refuge je suis plutôt confiante. Alors qu’on n’était justement plus très loin, je fais une pause, agrémentée d’une barre de céréale Corny®, et ça m’a donné un coup de fouet.

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Au refuge, on prend le temps de s’asseoir et de s’allonger, voire dormir pour certains avant l’heure. Quant à moi, je ne dors pas encore, même si je sens bien les muscles de mes épaules.

Nos photographes nous proposent la bonne platée de pâtes. Une dose pour mec en fait, mais j’ai quand même tout mangé. Le paquet de fromage râpé (de pizza plutôt) mais bon… est vite parti lui aussi !

Découverte du premier diner façon trek aussi, et des fameux yaourts islandais, Skyr. Les yaourts sauteurs, hum. Ca amuse Alexandre et moi-même (normal, j’en suis la première victime, ahah !).

Avant d’aller se coucher, direction le coucher de soleil. Bah oui, n’oublions pas que nous sommes en Islande hein ! Des couleurs pastel magnifiques et enfin, j’ai appris à régler certains « settings » de mon boitier (aah !), notamment la balance des blancs et c’est merveilleux ! O joie, maintenant je m’amuse !

En fait, nous sommes déjà le deuxième jour et il est bien midi passé. Nous sommes en direction d’Alftavatn et arrêtés auprès d’un ruisseau, traversé par des couches de glaces formant des tunnels très inspirants. Voilà des scènes sympas qui se prêtent bien au futur film de Mathieu Le Lay alors que le soleil dehors brille toujours !

Ce matin, on est parti vers 10h et depuis, on traverse des merveilleuses vallées toujours plus puissantes en textures joufflues, sableuses, molles. M’enfin, c’est chouette ! J’ai toujours mal aux épaules, cependant l’endroit est tellement prenant, qu’il est facile de se prendre au jeu. Traverser des galeries de glace bleutées, froissées. Là, je crois qu’on va manger.

Il est minuit maintenant, nous sommes au refuge. En fait, la pause aux galeries de glace a bien duré deux voire trois heures. On repart par des sentiers plus escarpés, pour arriver à cette fameuse vue, la préférée d’Alexandre, en fait. Là aussi, nous sommes restés pas mal de temps, pour photographier cette scène, cette surprenante vallée. Le passage des ombres et des nuages donnaient à chaque instant, une nouvelle dimension fascinante à la scène. On a même attendu un gros nuage qui a bel et bien caché le soleil pendant un bon petit moment, assez de temps pour effacer la chaleur qui régnait.

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La descente qui a suivit était particulièrement difficile à cause de la terre caillouteuse ( !), même mes bâtons s’en souviennent. Quoi qu’il en soit, bon sang ! Descendre dans la vallée ! Verte, verte pomme, sombre, bucolique… avec ces petits ruisseaux courant de partout, qui serpentent… (Admiration)…

Malgré la douleur encore présente sur les épaules, il y a toujours quelque chose pour nous faire avancer. Cependant ce soir, j’ai un petit coup de blues, je n’arrive pas encore vraiment à faire le vide je crois. Je ne perds pas espoir pourtant, ça va venir. Il doit bien être minuit maintenant, le crépuscule est tombé, même s’il fait toujours jour, je suis assise sur la terrasse du refuge, il y a eu un reflet rose et furtif sur la montagne en face. Je ne sais pas si j’arriverai à dormir, il y a encore je ne sais quelle bizarrerie qui me turlupine. Je crois que face à la beauté des lieux, je me sens petite, trop petite, écrasée et j’ai peur pour cette belle nature. Il faudrait que je dorme bien ce soir, pour ne pas succomber à cette forme de mélancolie. Il commence à faire froid mais j’insiste, la chanson qui passe dans mon mp3 n’est toujours pas terminée.

Suis-je fascinée ou complètement absorbée ?

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Troisième jour, direction Botnar. Il est midi passé (j’imagine), pause en plein milieu d’un désert de cendre et de lave, transformée en roche. C’est bien venteux, j’aime beaucoup cette ambiance, vraiment.

Déjà le soir. Cette étape était la plus longue, pourtant sans doute la plus belle et intense à mes yeux. Hum, en fait les paysages différents n’ont pas cessé de s’enchaîner. Entre les montagnes vertes de mousse, vallonnées, nous avons fait la pause déjeuner. Il y coulait un ruisseau un peu (beaucoup) éparpillé, avec de la mousse verte fluo et mes pompes toujours sont mouillées, mais qu’importe. Je suis prise dans le moment, et tente quelques compos dans ces marais des morts. Je pense avoir besoin encore de temps pour trouver la bonne compos, mais j’en profite quand même pour bouger un peu partout. Assez étrangement, j’ai une nouvelle fois eu cette étonnante émotion qui m’a submergée, face à la beauté de ces lieux.

Traverser une vallée « martienne » qui se transforme doucement en dessin de montagnes de mousse verte (toujours, je commence à les aimer celles-ci !). Des anciens volcans ? Les formes sont étranges, parfaites, tellement évocatrices ! C’est clairement l’endroit idéal pour se ressourcer. Aucune trace n’a encore été laissée par l’homme, si ce n’est que quelques poteaux de bois, pour indiquer le chemin.

Puis, nous sommes encerclés de plus hauts sommets, notamment le fameux Eyjafjallajökull, avec son cratère de glace. Que dire… L’ambiance est toujours autant fantastique, voire fantasmagorique. De glace et de feu, des touffes de fleurs par-ci, par-là. En fait, je ne sais pas vraiment où donner de ma tête, il y a tellement à voir !

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Quelques courageux grimpent sur une des montagnes, en fait il s’agit de Mathieu, pour réaliser un plan. Alexandre, lui s’éloigne dans les méandres plates et disparait derrière une colline/montagne ( ?!). Mathieu est en plein tournage, j’ai vraiment hâte de voir le résultat. Il y a beaucoup d’énergie dans l’air, et comme je l’ai déjà pensé, il y a une sorte de magie indicible. Alexandre s’est donc éloigné du chemin et est réapparu derrière l’autre colline qui longeait la route, assis tranquillement sur un caillou ( !?). Au départ, Laurence et moi croyions que c’était Cyril, parti devant qui nous attendait. Que nenni ! C’était bien Alexandre, mais j’ai cru aussi voir un elfe…

A notre tour de s’éloigner sur le chemin. A vraie dire, je crois que me suis sentie poussée par cette force, celle de la nature, comme pour tenter de voir l’invisible, ce qu’elle nous offre. Nous nous étions un peu égarées, mais avons vite repris le bon chemin. Je crois que quelques nuages commençaient d’ailleurs à s’agglutiner un peu plus loin. Et les couleurs crépusculaires étaient encore merveilleuses.

Toutefois, je n’ai pas vraiment le courage de sortir, malgré le petit coup de calvas proposé par Cyril (sa flasque est descendue d’ailleurs très vite !). J’ai envie d’écrire. Je ne dois surtout pas penser à autre chose. Le paysage, le lieu et le tout, m’y aide beaucoup. A demain, pour la suite des aventures !

Je suis fascinée, quand bien même j’ai un mal fou à trouver les bons mots pour m’exprimer.

C’est déjà le lendemain du quatrième et dernier jour du trek. J’essaye d’écrire dans le bus qui nous amène dans la région de Skaftafell pour raconter cette dernière journée, mais c’est complètement impossible. Après les yaourts sauteurs, le bus sauteur, hum. C’est assez expérimental. On est parti à 9h30 le matin du refuge. Il ne fallait pas trop « trainer » en effet, car Xavier et Mathieu devaient être à Thorsmork pour 16h (à l’heure où le bus pour Reykjavik partait. Ils devaient récupérer les deux voitures et les bagages). Sauf que le reste (nous donc), nous n’avons pas suivis leur rythme. Le temps est couvert ce matin là avec  quelques  bruines.  Le  paysage  est  de  nouveau  différent,  plus  vert,  plus
« normal », disons. (Petite pause, on va voir la cascade).

Skaftafell3

Je reprends, alors que nous sommes dans la voiture, en direction de Vik.

J’ai mis mon coupe vent, mais j’ai eu vite trop chaud, comme on avançait d’un très bon pas. Toujours ce paysage changeant, maintenant le sable noir se couvre d’une espèce de plante serpentée et tortueuse. On avançait sur un ciel plutôt bouché, entouré de hautes montagnes (glaciers aussi). Ce n’est qu’après la pause déjeuner que nous partons plus lentement, pour se diriger vers un gué, un autre  eh  oui !  J’aime  bien  les  gués,  ça  a  le  mérite  d’être  rafraichissant, revitalisant, tout ça, quoi… J’aime bien l’eau, c’est très étonnant vu mon signe (bref). Je ne sais plus vraiment ce qu’il se passe, tout s’enchaîne assez vite, et nous sommes assez fatigués, tous. Avant de bifurquer dans une zone qui ressemble

étrangement à un oasis, forêt, je ne sais trop quoi mais qui donne envie de faire plein de photos au 50mm ! Hihihi ! On fait une pause, assez de temps pour faire une courte sieste. J’ai eu le temps de sombrer un peu, et faire des rêves vraiment bizarres (ça a duré cinq minutes, tout au plus !). Et on était reparti. La dernière partie était sans doute la plus difficile, seule l’idée que le refuge n’était plus très loin nous aidait.

C’était plus qu’un refuge cette fois, une sorte de cottage plus étendu, avec les douches payantes toujours, mais avec l’eau chaude, sauna (j’aurai dû y aller, s’il n’y avait pas eu ces finlandaises louches, mais bon) et un trou d’eau chaude. Le temps de prendre une douche chaude, on part dîner. Et on en a bien profité ! Clairement. Poisson et agneau, accompagnés de pommes de terre. Le groupe a commencé cependant par une petite bière, dans le coin de réfectoire, installés dans le canapé. Ambiance posée, je crois que c’était bien. Il y avait une guitare sur laquelle Alexandre a joué. J’aurais aimé aussi que plus personne ne parle. On s’habitue vite au silence, dans ces immensités… (Oui, je n’aime pas vraiment le gens trop bavards…). La soirée s’est terminée tard, bien vers 2h du matin. Plus aucune notion du temps et en fait, on commence réellement à s’habituer. Ce soir, les discutions se portent sur la photo, accompagnées de vin rouge. Dans la pièce, se trouve deux autres randonneuses que nous avions déjà croisées, des Tchèques et nous les invitons à notre table. Enfin pas moi, hein (uhuh !).

Et puis, ça discute en anglais de quoi justifier les verres de vin. Ce n’est pas moi qui parle le plus évidemment (ça changera pas ça), toutefois j’aime ce genre d’ambiance… Les filles nous montrent là où elles logent, c’est une chouette cabane en bois, où sincèrement j’aurais bien passé quelques temps (ah !). L’étage ouvert sur le paysage, mmmh ! Et on se quitte sur un verre d’une sorte d’hydromel. Si nous ne devions pas dormir, je pourrais sans doute délier ma langue, parfois. Il fallait malheureusement se lever le lendemain (donc aujourd’hui), à 7h pour être au bus à 8. Ce fameux bus sauteur.

Jökulsarlón1

Aujourd’hui, direction la belle cascade de Seljalandsfoss, un domaine où l’eau sait parfaitement bien se déchaîner. J’ai pris quelques photos, face à cet élément fascinant, j’espère qu’elles seront pas mal. Je commence à tripatouiller le boîtier pour faire des réglages, je crois que je suis assez contente de moi ou c’est l’eau. Je m’y sens bien. Inspiration.

Mathieu et Xavier nous rejoignent après leur périple jusqu’à la capitale. C’est intéressant de pouvoir montrer la grandeur de la cascade dans le boîtier. Alexandre m’aide à nouveau et je me régale avec la puissance de l’eau. Pour le déjeuner, nous nous dirigeons vers la plage de Vik. Dommage que cette fameuse plage soit sous un ciel bleu de bleu. Ce genre d’endroit attire pas mal de monde en plus, mais bon… la plage est de sable et galets noirs, ce qui laisse un charme insoupçonné. Moi je ramasse d’ailleurs quelques galets, je ne peux pas m’en empêcher !

Il faut partir, on a un peu de route. Le pauvre Mathieu malheureusement est malade, ce qu’il a attrapé, restera un mystère. Il est nauséeux et après c’est au tour de Laurence. Sur la route, on s’arrête cependant souvent, pour faire des photos évidemment ! Le spectacle, à la bordure du plus grand glacier est majestueux, et les  montagnes…  mmh  comment  dire,  les  couleurs !  Pastel,  terre,  limpidité, harmonie, fluidité… je suis en train de rêver ! Et ça me donne envie de faire de la peinture, là en plein milieu. Les nuages se sont désormais posés sur les montagnes et la lumière du soleil donne une touche parfaite au reste de la composition. Subjuguée, je me sens bien. Je vois des spirales dans le ciel aussi, tout plein. Ça remue là dedans, je n’y comprends plus rien…

Nous arrivons à la Guesthouse Hali, située à Jökulsarlón, proche du fameux Glacier lagoon. Je peux le dire, on a été gâté !!!! Les chambres sont dignes d’un bel hôtel et ô mère nature, les repas ! Divins ! Pour le premier soir, du saumon à gogo, à faire des jaloux ( !), accompagné de vin blanc (bah voyons, on est toujours partant pour un peu de vin blanc !).

Jökulsarlón6

Et découverte ce soir de ce lagoon plein de glaçons géants. Endroit à couper le souffle, littéralement, surtout que le soleil se couche tout juste derrière, et qu’il y a un glacier. C’est un peu la course à celui qui arrivera le premier, l’ambiance devient exaltante, amusante, inspirante. Et pour faire résonance, le glacier craque. Belles sensations de forces naturelles dont j’aime m’imprégner le son sourd et puissant.

L’endroit est sans doute bien connu des photographes, pourtant c’est vrai qu’il aspire à réaliser de belles compositions. C’est magique. Ce lieu est féérique, propice à l’inspiration. Je sais je me répète surement !

Ce soir aussi il s’est passé une chose dont je n’arrive pas à évoquer pour le moment. En attendant, imaginez-vous quand même quelques instants, sur une plage de sable noir, à minuit avec des petits glaçons échoués qui flottent parfois, et aussi des phoques que l’on voit de temps en temps émerger des eaux froides. Vous imaginez ?

Plouf ! Voilà ce qu’il s’est réellement passé ! Mon boîtier, ainsi que mon téléobjectif 70-200, dans l’eau du lagoon. C’est dire combien je me sens bête. Me voilà   dans   une   situation   délicate,   difficile   à   apprivoiser   quand   même. Heureusement qu’après, sur la plage, je peux me changer un peu les idées. Je mets les pieds dans l’eau, ou plutôt les chaussures, pour suivre Alexandre, dans la quête d’un glaçon qui flotte. Pourtant il y a des vagues, mais j’aime les vagues !

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Ce  mercredi  démarre  calmement.  Nous  nous  rendons  à  la  cascade  de Svartifoss toujours dans la région de Skaftafell, mais je crois que sa montée m’a un peu achevée. L’endroit est superbe, la cascade s’écoule sur des colonnes de basaltes. Cependant, il y a un problème majeur, les gens. Il y en a trop, beaucoup de  trop !  Partout.  Des  touristes,  un  peu  trop  curieux,  chèvres  et  bruyants cherchant à se faire photographier devant cette fameuse cascade. De plus certains se promènent avec des chaussures de ville, bref…

Là ça faisait un peu mouton. Mais bon, après avoir connu les moutons d’Islande, j’ai un regain d’intérêt pour ces bestioles moutonnées, touffues et quelque peu téméraires aussi. Les moutons sont tranquilles ici, dans l’herbe vertes mousseuse, noir ou blanc, ils se regroupent souvent par trois. Et n’hésitent pas à traverser la route, comme si de rien n’était…

Au  final,  nous  ne  sommes  pas  restés  plus  longtemps  à  la  cascade. L’ambiance ne plaisait pas à Alexandre et combien je le comprends ! Donc, en chemin, nous nous arrêtons dans une espèce de relais station au bord de la route (au milieu de nulle part), pour déjeuner. Entre temps, je crois que j’ai dormi, sur le doux son de Sigur Rós, en voiture. L’après-midi était consacré au post- traitement, enfin ce qu’il restait de l’après-midi, car on a commencé à s’échanger les emails et s’ajouter sur facebook (truc, hyper important, ahah ! Surtout quand la connexion marche difficilement !). Et il était temps aussi, de sélectionner 3 de nos photos, pour ensuite en discuter tous ensemble. J’ai eu beaucoup de mal à visualiser toutes mes photos, donc je me suis rabattue sur celles dont je me souvenais le plus, et pour la plupart, ce sont des scènes au grand-angle, je crois. Plutôt classique sans doute, mais bon…

Toute l’équipe a fait un superbe travail. Sur toutes les photos il existe une atmosphère inspirante, une touche personnelle, un réel intérêt.

Direction le repas du soir. Le repas était à nouveau délicieux, quant au reste, ça n’a pas été pour moi très euh… bref, y’en a qui vraiment parle pour ne rien dire. J’avoue que j’ai un peu halluciné (gné ?). Peut-être bien aussi que je suis à côté de la plaque et que je n’y comprends rien. Je m’y fais comme d’habitude, quand on n’est pas du même monde. Le jour où vous me voyez tranquillement en train d’aborder les gens, prévenez-moi, je crois que ce n’est plus moi !

Bon, il est temps de passer à autre chose, sinon ça ne va pas le faire. Quand on parle de mélancolie, à ce moment précis, elle était bien là et pour tenter d’y remédier, je crois, j’ai tenté de trouver quelques souvenirs à acheter. Des bricoles certes, mais le petit mouton porte-clés est trop mignon (eheheh !). Et si vous savez que faire des gens ignorants, dite-moi. Il y a eu un peu de laissé aller, j’avais besoin d’êtres seule.

Le groupe se sépare en deux. Ceux qui souhaitent retourner faire des photos au Glacier Lagoon et les autres pour parler traitement. J’ai décidé d’aller faire des photos à nouveau, même sans boîtier. Et quand Alexandre m’a proposé de me prêter son matériel (c’est-à-dire, un 5D Mark III, oui oui !), j’ai bien halluciné (cette fois dans le bon sens du terme… le cœur qui bondit…). Le mien est tombé, comment peut-on me faire confiance ?

Et je me suis régalée !!! Ah mais non, il ne faut pas que je sois tentée, je ne me sens pas si méritante que ça !

J’ai passé un excellent moment avec le 5D Mark III en tête à tête (ahah !), quelques tentatives de pauses lentes sur gros glaçons plus ou moins réussies… et il faut que je pense aussi à récupérer ma carte SD restée dans le boîtier. Je crois que je me suis sentie toute petite…

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Bon  il  est  matin,  avant  8h.  Aujourd’hui,  c’est  le  retour  à  Reykjavik. Comment ça, pas envie ? Je devrais arrêter de penser à tout ce que ça engendre… Mon corps est un peu douloureux, par-ci, par-là, mais ça ne me dérange pas plus que ça. Plutôt, étrangement ça me motive à vouloir continuer ce genre d’expérience. Les treks au grand air, mmmh. Dès lors, vivement qu’il se passe plein d’autres choses !

Est-ce que j’aurai le temps d’écrire encore quelques lignes ? Seul le temps me le dira.

Les paysages changeants m’inspirent et me nourrissent d’une énergie enivrante, mais cela reste encore difficile à définir. Loin de tout, je me sens bien. On est parti sous un ciel chargé de gris, ce qui donne une atmosphère très particulière à la scène. Il paraît que c’est un temps normal d’Islande. Je commence à m’y faire (aux pieds mouillés !). On va déjeuner à Vik ce midi, de nouveau. Le fameux endroit des burgers, si cher à Mathieu, hum !

Avant de rentrer sur la capitale, on fait un arrêt à la cascade Skogarfoss, bien que le temps soit toujours pluvieux. Cette cascade est impressionnante de puissance primordiale. On met tous une bonne cape de pluie et un pantalon coupe pluie  aussi  et  nous  nous  dirigeons  vers  ce  chaos  d’eau.  Nous  nous  laissons facilement surprendre, par ce vent et cette eau qui s’engouffre continuellement. Dommage qu’il ne fasse pas si beau et que je n’ai pas de serviette à disposition, sinon je crois que je n’aurais pas hésité à m’approcher encore plus. L’endroit était trop fascinant pour ne rien faire, c’est pourquoi Mathieu et Alexandre se sont engouffrés dedans, pour tourner quelques scènes, grâce à l’éléphant protecteur. Cette drôle de chose abstraite qui protège le matériel de la pluie. L’enthousiasme d’Alexandre est contagieux, lui il s’en donne à cœur joie… on a même eu le droit à la roue, classique du genre mais bon… non, il ne pouvait pas s’en empêcher ! Hihi !

Le retour à la voiture est digne d’une scène comique, puisque nous montons dedans tout mouillés. La voiture est chauffée à bloc, on sèche en même temps qu’on redémarre. Les émotions, ça fatigue, tout le monde est un peu KO, alors on dort, un peu.

Le temps de revenir à l’hôtel Floki, on se change pour dîner en ville. Ah Floki, et ses chewing-gums collés sur les armoires…

Direction le vieux port pour dîner dans le même restaurant à la soupe aux homards. Avant de s’y rendre, nous ouvrons néanmoins la bouteille de rouge que Laurence et Bruno ont acheté au Duty Free en arrivant à l’aéroport. Au restaurant, on continue au vin blanc et à la bière, pour changer ! Après le resto, à l’ambiance bien sympathique ou tout le monde se décontracte un peu, il doit être 11h passée, ou minuit, je ne sais plus. Nous faisons un tour rapide à l’hôtel, puis nous repartons à la recherche d’un bar, peut-être, éventuellement, histoire de boire un coup et peut-être pour parler traitement aussi qui sait ? Mais j’ai plus envie de boire, hum. Dommage cette tentative fut soldée par un échec, les bars bruyants ferment. Par curiosité j’aimerais savoir s’il existe un alcool local, histoire de, encore…

Il faut penser à aller se coucher, demain c’est déjà le retour. Il est 2h du matin, et il faut se lever à 4h30.

Actuellement dans l’avion, il faut savoir qu’on a tous dormi moins de 3h. Et là, après le décollage, je commence sérieusement à avoir une sacrée envie de dormir. Ça doit être le bruit, où l’émotion ou… J’ai eu le droit à un dernier yaourt Skyr avant de monter dans l’avion. Cette fois il n’a pas sauté, bien frais qu’il était. Le décollage s’est bien passé. Et maintenant, je vais tenter d’écouter un peu de musique et de dormir, au mieux. Sigur Rós.

Je n’aime pas les au-revoir. Définitivement. C’est une sensation complètement désagréable. Une fois de plus je ressens cette oscillation instable, ce flottement. Je crois que je suis obligée de descendre sur terre. Il y a quelque chose d’indescriptible, tangible peut-être aussi (je voudrais y croire). Et pour une fois, je n’ai pas filé sans rien dire…

© Céline Campillo – 2012

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