Un pas à la fois

C’était à la fin de l’été 2011 que tout a commencé. Ou, j’aurais envie de dire plutôt que je me suis éveillée. Doucement certes, parce que je fais les choses sans jamais me bousculer. Il me faut du temps, chaque pas mérite réflexion, même si j’ai toujours été bercée par une sorte d’intuition.

L’intuition est une véritable belle sensation, je crois que j’ai envie de vous dire qu’il ne faut pas l’ignorer. Je suis persuadée que c’est grâce à elle que je suis là, elle est un guide, un espoir et une petite lumière, là, tu vois.
J’ai toujours privilégié sa présence, puisqu’elle m’a aidée à me détacher de ce manque de confiance en soi qui me caractérise depuis toujours. Et puis aussi, elle m’a motivée à faire la sourde oreille face à ceux qui veulent toujours prétendre me donner des conseils. Des conseils qui sont loin de me ressembler…

Cette force je l’ai puisée en choisissant de faire ma route seule. Non que je n’ai pas accepté l’aide des autres, j’ai souhaité simplement me reconstruire par ma propre volonté.

Évidemment, cette force on peu la puiser en s’approchant de belles personnes, comme en s’adonnant au plaisir de la création.

A la fin de l’été 2011, je suis licenciée économique, libérée d’une situation harassante que ne faisait que se prolonger. Au lieu de m’en inquiéter, je quittai les lieux avec une certaine satisfaction. Tout en m’accordant une pause bien méritée, je décide d’approfondir mes compétences photographiques, car même en ayant pu m’offrir un réflex quelques mois auparavant, je ne trouvais pas le temps de maîtriser l’appareil.
Sur Internet, en faisant le tour des photographes, mon regard se tourne plus vers ceux qui offrent un spectacle presque divin de la nature. A l’époque, Alexandre Deschaumes propose des stages individuels, chez lui dans ses montagnes. J’ai de l’argent de côté, je décide de me lancer.

Quitter Paris et cette vie le temps d’un long weekend, fut l’élément déclencheur, le souffle qui me propulsa vers un nouveau chemin. Ma nièce, née au début de septembre de cette même année en est le symbole.

J’ai crapahuté dans les montagnes, j’étais trempé jusqu’aux genoux, mais qu’importe. Grâce à ce stage, je fus transformée. La gentillesse d’Alexandre, son esprit artiste et désintéressé me prouva que le monde n’était pas fait que de robots. De mes propres yeux, j’ai vu qu’autre chose était possible…

J’ai pris en main ce devenir que je souhaitais meilleur. J’ai fais une formation en web, puis continué à faire de la photo. Je ne pensais qu’à une chose, avoir l’occasion de quitter Paris. Je le fis un peu, lorsque je me lança dans l’aventure islandaise. Un stage photo de 10 jours sur cette île de glace. Cette nature sauvage et intouchée, vous transforme littéralement.
Puis d’autres événements précipitèrent réellement cette idée…

Presque du jour au lendemain, je suis propulsée de la ville à la campagne. Puisque je suis au chômage et n’ayant que le choix de quitter mon domicile actuel, je pris mes affaires et m’installa pour un temps chez mes parents. Pendant 9 mois, je vis presque recluse, ne voyant pratiquement que ma famille, profitant du temps que j’ai pour me balader, apprécier ce silence et cette solitude. J’écris, je peins et toujours je prends des photos, beaucoup. Bien que mes parents me poussèrent à trouver un emploi, je mis à partie ce moment, pour me reposer et me recentrer.
Et ce fut bien nécessaire!

Je ne me suis jamais vraiment inquiétée de ma situation sociale ou économique, je dirais. Je ne suis pas matérialiste pour un sous, je sais me contenter du peu, réellement. Le chômage, puis le RSA m’ont appris, avec le fait de vivre à la campagne, de me satisfaire du quotidien et des choses simples. Depuis, je vis tous les jours un peu plus au rythme de la nature, en prenant soin de me tourner également vers un style de vie plus « slow » comme disent les anglophones.

Après cette véritable pause, j’ai décidé de remettre les pieds un peu en ville et là aussi, j’ai bien fait. J’ai fait des rencontres clés, qui détermineront mon avenir.
J’ai rencontré l’homme avec qui je vis maintenant, j’ai rencontré des modèles pour collaborer avec, j’ai rencontrer des artistes, qui ont vu en moi ce que je suis vraiment. Et ça, ça n’a pas de prix, à part celui de la reconnaissance.

Le désir profond et toujours latent de pouvoir vivre de ce que je sais réellement faire s’est enfin dévoilé. Ma patience, mon entêtement face à ceux qui m’ont poussés à opter pour un boulot alimentaire a payé.
A la rentrée scolaire de mars, je vais animer des ateliers photos dans des écoles primaires!
Et face à mes tentatives avortées de me construire un monde, je vais peut-être avoir la chance d’être aidée.

Comme quoi, malgré les apparences, je sais que quelque part, j’ai toujours cru en moi. Je sais ce dont je suis capable d’offrir et de donner, et connais ma propre valeur. L’apparence est parfois trompeuse, mais je n’ai jamais baissé les bras. J’ai œuvré en secret, sans forcément le dire à tout vent puisque c’est avant tout une quête intérieure.
Et s’il m’arrive enfin de m’épanouir entièrement, je serai présente pour aider les autres, vous aider à trouver votre voies…

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